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En français
S’il y a bien quelque chose qui définit le tempérament artistique de ce peintre français d’origine cubaine c’est l’intensité et l’ardeur qu’il met à bâtir des formes, des idées, des textures, des univers changeants dont il est l’unique créateur. Comme un démiurge qui se lève un jour, prend l’argile, la terre, le sable et l’eau pour s’inventer des océans de silence. Surprenants et mystérieux espaces cosmiques où navigue son regard inquiet de voyageur perdu.
Cette exposition, produite intégralement à Saragosse, nous offre -peut-être même sans qu’il le sache-, l’intimité, les expériences, les mouvements et les êtres qui l’ont accompagné tout au long de son parcours multiple et attirant à travers le monde.
Ainsi se présentent ces toiles immenses où il a saisi la profondeur de la mer avec sa lumière verticale, comme une blessure d’espoir qui la traverse. Dans d’autres il joue avec des symphonies liquides dans toute leur gamme de couleurs bleues et vertes, apaisantes et musicales. Il y a aussi des tableaux inquiétants, obscurs, où l’artiste cherche les réponses que personne ne lui donnera. Ces pièces presque dénudées de matière, subtiles dans leur mouvement imperceptible, sont comme des algues marines qui se balancent, muettes, dans sa rétine.
Les toiles du peintre évoquent l’absolue beauté de la vie mais aussi le mystère de l’insondable, l’inquiétude de l’inconnu en l’absence de réponse. Torres, de temps en temps, abandonne la mer qui l’enrobe et se maintient dans la matière, il joue avec elle, comme dans le tableau intitulé “Detrás de la Palabra” ou dans son “Anticipación al Olvido”. Ensuite, de manière consciente ou non, il revient à la mer, se laisse porter par les courants et par la lumière pour nous immerger de nouveau dans ce liquide amniotique qu’est la vie encore intacte. “Noche Atlántica”, “Sumergido en las Corrientes”, “Abismo de Silencio” et “Mare Nostrum” réitère sa vocation d’homme né dans les Caraïbes.
Rafael Torres Correa soutient que les gens qui vivent sur une île sont toujours dans l’attente de ce qui vient mais aussi de ce qui s’en va. Avec cette exposition il nous communique cette constante inquiétude, entre l’espoir et le désespoir, que renferme son oeuvre.
Margarita Barbáchano
Ecrivain - Journaliste
En Castellano
Si algo define el temperamento artístico del pintor francés de origen cubano es la intensidad y ese afán por construir formas, ideas, texturas, universos cambiantes donde él es el máximo hacedor. Como un dios creador que un día se levanta, coge el barro, la tierra, la arena y el agua para inventarse océanos de silencio. Sobrecogedores y misteriosos espacios cósmicos por donde navega su inquieta mirada de viajero perdido.
Esta exposición, producida íntegramente en Zaragoza, nos brinda, -quizás sin saberlo-, las vivencias, los andares, los caminos y los seres que le han acompañado en su variado y envidiable recorrido por el mundo.
Así son esas telas inmensas donde ha plasmado la profundidad del mar con su luz vertical, como una herida de esperanza, atravesándolo. En otras juegan con sinfonías líquidas en toda su gama de colores azules y verdes, sedantes y musicales. Hay también cuadros inquietantes, oscuros, donde el artista busca las respuestas que nadie le va a dar. Aquellos casi desnudos de materia, sutiles en su inapreciable movimiento, como algas marinas balanceándose mudas en su retina.
Los lienzos del pintor evocan la hermosura que hay en la vida y también los misterios insondables de lo profundo, de aquello que nos inquieta y no tiene respuesta. Torres, de vez en cuando, abandona el mar que le envuelve y se queda en la materia, juega con ella, como en el cuadro titulado “Detrás de la palabra” o en su “Anticipación al olvido”. Luego, no sé si de forma consciente o no, vuelve otra vez al mar, se deja llevar por las corrientes y por la luz para sumergirnos de nuevo en ese líquido amniótico que es la vida todavía no estrenada. “Noche Atlántica”, “Sumergido en las corrientes”, “Abismo de silencio” y “Mare Nostrum” reiteran su vocación de hombre nacido en el Caribe.
Rafael Torres Correa sostiene que las gentes que viven en una isla siempre están a la espera de lo que viene y también de lo que se va. En esta exposición nos ofrece esa constante inquietud de esperanza y despedida que encierra su obra.
Margarita Barbáchano
Escritora y periodista
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